vendredi 22 mars 2019

Tatouage du Futur

ABOISSON épisode n°07




Episode07- TATOUAGE du Futur

Réagis, abonne toi et dis moi pourquoi un tatouage ça vaut mieux qu’une extension virtuelle?
Vos réponses m'aideront à rédiger mon prochain article! ----------------------------------------- liste des sources illustrant cette vidéo ----------------------------------------- Titan A-E: https://www.youtube.com/watch?v=njRH_... Biosensing: https://www.youtube.com/watch?v=rZ4L0... Logic Ink: https://www.kickstarter.com/projects/... Appropriate audiences: http://appropriateaudiences.net/ Da Vinci Robot: https://www.youtube.com/watch?v=_D-OR... Justine Emard: https://www.youtube.com/channel/UCDsl... Tatouage virtuel vu sur “realite-virtuelle.com”: https://www.realite-virtuelle.com/rea... Google G: https://www.youtube.com/watch?v=4EvNx... Opalka (il faut que tu vois son oeuvre): http://www.opalka1965.com/fr/index_fr... Table Ronde Video Formes (15 mars 2019): https://www.youtube.com/watch?v=o3K3B... ----------------------------------------- Prochain rendez-vous le 1er jeudi du mois 22h22 sur Instagram Live où l'on pourra parler de ça plus en détail. La news-letter te le synthétisera... -----------------------------------------

"Le tatouage est-il un art?"

Aboisson est un court programme de réflexions autour du tatouage "moderne" tel que je le visualise. J'ai répertorié une liste de sujets qui vont me permettre sporadiquement de répondre petit à petit à cette grande question:

Et si tu ne sais pas ce que veux dire sporadique, abonne toi à ma news-letter !




samedi 16 mars 2019

Collaboration tatouage: rêve et cauchemar en 3 points

collaboration tatouage olivier poinsignon



Introduction fade et sans originalité à lire avec cynisme: "depuis que l'art existe, 

les collaborations entre artistes existent". Fin de l'introduction.


Collaborer ça semble une grande idée plaisante tant qu'on ne l'a pas expérimenté. Ma première collaboration digne de ce nom fut une réussite avec l'Androgynette, on a eu de la chance car le cadre que nous avions nous a portés sans qu'on le mesure. L'autre paramètre de cette réussite c'est l'unité dans la diversité. Nos travaux de l'époque étaient "cousins éloignés" tout comme nos façons de procéder et de gérer une relation client étaient proches mais pas identiques. Cette collaboration a parfaitement fonctionné de mon point de vue car nous avions vécu une semaine ensemble où un nouveau  rythme de vie s'est installé naturellement. Collaborer sur papier est beaucoup plus facile car l'engagement corporel est inexistant et la feuille ne donne pas son avis. Là à plusieurs il faut comprendre ce qu'on nous dit, et comprendre aussi ce que l'autre a compris...et la carte blanche n'existe pas car même si ton client vient vers toi en te disant fait ce que tu veux, le corps lui raconte déjà quelque-chose avec sa pilosité, ses cicatrices, ses courbes, ses os et sans surprise: ses tatouages déjà présents! Quoi qu'il arrive une discussion est déjà engagée et il faut comprendre est ce que l'on va débattre ensemble et construire sur le corps ou alors allons-nous juste exposer nos avis cote à cote? Gynette je te salue chaleureusement car notre collaboration a été un tournant dans mon travail et au-delà de la pertinence de nos réactions graphiques je garde un souvenir fort de ce triptyque.



collaboration tatouage colaboratoire olivier poinsignon l'androgynette


1- Ne pas coucher avec son petit frère:


Pourquoi rédiger un article si tout va bien? Parce-que collaborer en vrai c'est la merde! Les clients fantasmes des unions où la consanguinité graphique frappe à la porte du résultat. Mon expérience passée avec AVOID l'automne dernier fut compliquée car pour construire son style il a puisé une grande partie de son travail (et j'en suis honoré) dans mes recherches et à réussi à en tirer une évolution plus claire et plus franche que ce que je peux proposer. Il est bon! En est sorti une pièce hybride à deux vitesses dont le changement de rythme et de fréquence entre la partie inférieure et la partie supérieure peut apparaître comme une maladresse. Le problème c'est que cette pièce j'aurais pu la faire tout seul , tout comme lui aurait pu la faire tout seul, les tics graphiques qui nous différencient auraient été réparti avec plus de justesse et l'impact global auraient été différent. Dans le cas d'AVOID on aurait eu une construction forte avec des changements de rythme maîtrises comme une armure marquée et dans mon cas on aurait eu une fréquence diluée sur le bras comme une fine seconde peau. Cette pièce a une valeur sentimentale car c'est le produit d'une rencontre entre deux personnes qui ont pris soin d'une troisième venant chercher une renaissance, un déchirement et ce fut aussi un déchirement pour moi de ne pas avoir imaginé "le risque Frankenstein". Cette pièce est bonne mais l’expérience dépasse le résultat et l'effort de la collaboration n'a pas apporté une évolution graphique majeure. (et crois moi ça me coûte d’écrire un truc pareil)


avoid x olivier poinsigon collaborationavoid x olivier poinsigon collaboration tot sessionavoid x olivier poinsigon collaboration tot session



2- N'écris pas ton nom en entier:


"Le risque Frankenstein" c'est le fait de vouloir à tout prix faire cohabiter l'intégralité des noms d'une collaboration. Chacun protège sa recette et donc tiens à ce que sa partie soit respectée et lisible car reconnaissable. "Le risque Frankenstein" en tatouage c'est de porter un agglomérat de "branding" pour ressembler à la prochaine voiture de rallye dont tous les sponsors sont des noms de tatoueurs. Du coup on se retrouve avec un patchwork forcé négligeant probablement la contre-forme de l'un et de l'autre et par la même occasion négligeant la forme du corps générale par saturation d'informations. Prenons l'exemple d'une chanson de 3 minutes composée par un groupe et que celui-ci décide de collaborer avec un autre groupe qui lui aussi sait remplir une chanson de 3 minutes. Chacun sait occuper un espace voix, percussion, vent ,cordes ... blablabla. Pour que ça fonctionne tout le monde doit accepter de couper un bout de son nom et laisser la place à l'autre. Vouloir appliquer l'intégralité de sa recette c'est s'exposer à enregistrer un son de 6 minutes quand on n'en a que 3. La collaboration doit être une fusion, cela doit être l’occasion de se réinventer et de changer sa recette. La collaboration ne devrait pas être du "branding" ou de l'alignement de nom. Or beaucoup de collaborations ne sont que des associations avec des objectifs marketing pour toucher la fan base de l'autre ou affirmer l'appartenance à un courant commun. On devrait pouvoir sentir les influences sans pour autant dire "ça c'est lui qui l'a fait". Imagine si à chaque fois que l'on se reproduisait nos enfants cumulaient l'ensemble de notre code génétique...


"Oui le plus dur c'est d'envisager un vide en comprenant bien que si ce vide est complètement rempli, la chanson est foirée!"




3- Va chercher ce que tu n'as pas et ce qui te contraste:


Moi c'est, l'ethnique, la géométrie pure, le old school, le traditionnel,  la couleur et l'hyper réaliste. Il faut comprendre ce qui te contraste et ce que tu vas pouvoir contraster. Si tu fais des lignes droites à quoi bon collaborer avec Ockanucun si ce n'est pour faire une ligne droite plus grande en moins de temps parce-que vous êtes deux!? L’intérêt est alors dans la performance mais le bébé graphique qui en sortira n'aura pas une nouvelle génétique! Est-ce-que j'ai vraiment besoin d'approfondir ce dernier point? Il faut utiliser l’opposition comme d'un faire valoir graphique et accepté de devenir aussi ce faire valoir. Mes lignes droites sont devenues plus droites le jour où j'ai compris qu'un jet de peinture apporterait un point de comparaison permettant d'accentuer une sensation. Le tatouage ci-dessous est une pièce de 2015 où j'ai commencé à intégrer les bénéfices des contrastes de "qualité d'information". Je vous laisse la regarder pour comprendre de quoi je parle.


tatouage clermont-ferrand olivier poinsignon bateau polonais



A ton avis quel serait la collaboration
dont le contraste serait le plus intéressant?



Et c'est pour ces trois raisons que je continue d'envisager des collaborations. Essayer de quand même travailler avec ses frères c'est s'assurer de passer un bon moment et produire des pièces laborieuses qui forcent une remise en question et de nouveaux apprentissages techniques. C'est faire preuve d'abnégation pour accepter de donner vie à quelque chose qui nous dépassera et enfin c'est donner la main à l'autre pour que son ombre produise ce qu'on ne peut résolument pas faire tout seul!




En rédigeant cet article j'ai bien sûr beaucoup pensé à Gus, Métamose, Emilie B, Yanina Viland, Claire Sinturel, Pleybeboy, Avoid, Alexander Efros, Lee Stewart et enfin Guillaume Smash avec qui je vais collaborer pour la 5ème fois cette année. <3


collaboration tatouage guillaume smash imaginarium olivier poinsignon

jeudi 7 mars 2019

Se faire tatouer quelques jours avant de mourir


Parce que construire une relation de confiance ça se fait aussi en divaguant sur la durée...tous les premiers jeudis du mois à 22h22 je donne une heure de live où je divague avec ceux qui veulent me rencontrer pour une première fois ou alors pour ceux qui veulent me retrouver après une séance!




"Si vous n'aviez plus qu'une semaine à vivre,
prendriez-vous le temps de vous faire tatouer ?"




Bref le mois dernier durant cette heure ensemble, un sujet est ressorti et il continue de tourner dans ma tête. Je me pose souvent la question de la légitimité et de l'utilité profonde de mon activité de tatoueur. En général pour épurer mes propos, éclaircir une composition, je prends du recul et je m'oblige à considérer mon sujet dans un espace-temps et physique beaucoup plus réduit. Et c'est sur ce même principe que la question ci-dessus est sortie.

Ça remet sur le tapis cette fameuse question "à quoi ça sert de se faire tatouer ?" Mais si on est un peu fataliste ou un peu c*n on peut aussi dire "à quoi  sert l'art" et "à quoi ça sert de vivre ?" et là je vous emmène avec moi sur les bancs de terminal en cours de philo avec un grillage de cheveux noirs corbeau devant les yeux et la discussion se terminera par trois claques (venant de vous normalement). Malgré les lois de la physique, les lois écrites fixées arbitrairement et consensuellement, nous avons encore des libertés de croire, de considérer et de ressentir. La poésie n'est restreinte que par notre sensibilité et notre faculté d’Émerveillement. Avoir la possibilité de faire quelque chose, le partager et le prendre en considération c'est un choix qui s'entretient ! Si tu ne sais pas comment expérimenter ça, force toi à rapporter une fleur chez toi et prends le temps de la regarder un petit peu tous les jours en te disant que demain tu ne pourras peut-être plus saisir cette beauté. Et tu verras que si tu fais l'exercice "sérieusement" tu risques de passer de plus en plus de temps à la regarder jusqu'à ce qu'elle fane. Et ça je ne l'explique pas en dehors du "il faut saisir ça maintenant".



Je reviens donc vite à notre échange passé pour vous rapporter les premières réactions: "bien-sûr que non, si je meurs dans une semaine j'ai des choses plus importantes à faire que de dépenser mon fric à gaspiller du temps passivement sur le fauteuil"..."Si l'on va mourir dans une semaine est ce que se faire tatouer n'est pas un geste égoïste au lieu de passer du temps avec ceux qui comptent ?"..."à quoi bon se faire mal avant de mourir ?". Je trouve ses réponses légitimes mais elles ne me conviennent pas. Je ne peux pas croire que le tatouage n'ait pas sa place à l'approche de l'abandon de notre enveloppe corporelle. Je vois la douleur comme une possible marque d'attachement et je la trouve sublime quand elle est consentie et mesurée. Quand celle-ci devient un combat que l'on veut mener et surement gagner sans craindre de se mouiller "alors que l'on pourrait se faire plaisir". N'est-ce pas-là une dernière action souvenir que l'on offre aux précieuses personnes qui nous entourent encore Le tatouage on l'emmène avec nous dans notre chair et il se désagrégera avec notre corps. Qu'on le fasse 50 ans ou une heure avant de passer l'arme à gauche. Cette simple considération me fait revoir l'ordre de mes questions pour en mettre une plus en avant: 

"Qu'est-ce que j'ai symboliquement envie d'emmener

 avec moi dans mon corps et dans la mort?"





Promis ça n'est pas un placement de produit mais mon amie Claire Sinturel a eu une réflexion intéressante: "on peut aussi se faire tatouer avec ceux qui restent" et elle a raison. Le tatouage est un point de rencontre. Se faire tatouer par celui qui va rester, se faire tatouer en même temps que celui qui va rester ça change la portée de l'action dans le temps. J'aime comparer les tatouages sans calques à des polaroïdes et donner la possibilité à quelqu'un de nous marquer sans filet et sans expérience c'est comme de prendre une dernière polaroïde ensemble. Capter un fragment de temps partagé ensemble, pas nécessairement net ou cadré mais authentique et sans filtre. Se rappeler qu'il y avait deux photos qui marchaient bien ensemble mais qu'on a quand même eu de la chance de pouvoir en garder une pour pouvoir continuer de décrire l'autre! De plus le tatouage est un instant de méditation exotique. La douleur ressentit comme dans un effort sportif nous ramène à une conscience du corps que l'on a tendance à oublier dans notre routine urbaine et sédentaire. J'ai vu de nombreuses personnes se révéler dans la douleur, se retenir de pleurer ou au contraire l'accepter et se laisser envahir par des sensations qui nous dépassent et qui nous repositionnent à notre échelle de tout petit humain insignifiant.



Moi si je devais mourir la semaine prochaine j'organiserais une journée créative avec ma femme et mon garçon de 4 ans, le plus petit lui serait dans une chaise haute pour dominer la situation malgré son innocence. J'essayerais d'expliquer à mon petit de 4 ans que je vais partir pour toujours et que là où je vais je n'aurai pas de sac à dos. Alors je lui demanderais s'il le veut bien de me dessiner dans le dos avec ma machine les choses qu'il voudrait que j'emporte avec moi, les choses qui lui semblent justes et qu'il ne faut pas oublier. Je visualise ce moment et je pense que je pleurerais silencieusement à plat ventre. Déjà parce que je l'imagine très bien "appuyer pour que ça tienne" (notre table basse en a déjà payée les frais) et deuxièmement car je ne pourrais jamais mesurer l'impact de ce geste sur le reste de la vie de mon fils ou même de ma compagne. Et oui dans ma réponse je me suis projeté tout de suite car je n'ai pas fantasmé la suite de ma vie et je suis incapable de projeter une émotion et une envie 30 ans à l'avance!



Conclusion, même si on va tous crever, se faire tatouer c'est pour la vie, mais c'est peut-être pas que pour marquer la notre. Sincèrement, j'aimerai vous lire dans les commentaires et pouvoir vous répondre. Vous à une semaine de votre mort , ça serait quoi votre projet ?

vendredi 1 mars 2019

Avoir des références et s'en inspirer

Il serait facile de lister 50 noms de tatoueurs m'ayant influencé ces 10 dernières années mais au bout d'un moment le cercle serait chiant à lire et prévisible: "alorheu...j'ai bien aimé Yann Black...". La référence intéressante pour moi c'est celle dont on ne voit presque pas le rapport!


Cela veut dire qu'il y a eu une digestion, ou avant même de passer à table il y a eu une découverte sous un point de vue diffèrent. Ou alors cela témoigne juste que tu as un pète aux yeux et que tu vois tout de travers. C'est l’interprétation, la traduction et le dépouillement d'une référence qui m’intéresse. Par exemple: transformer un son en une image ou un volume, c'est ça que j’appelle une traduction. Restituer la sensation d'engloutissement, de pression temporelle et de montée en puissance devant la grande vague d'Interstellar sans chercher à produire une oeuvre décrivant la scène à l'origine de la sensation...en me concentrant un peu je peux frissonner des bras en visualisant la vague jusqu'à ce que ça monte dans ma mâchoire avant d'envahir le dessus de mon crâne.

J'ai donc produit cette planche non exhaustive -croyez moi- en plaçant des références que je pourrais développer individuellement et concrètement si un jour on se voit pour en parler. Pour mes amis ... ils sont tous dessinés en blanc et ils participent au rayonnement de l'image !


"Parmi toutes les références sur ce tableau, tu retiendrais laquelle?"

Laisse-moi un commentaire en m'indiquant pourquoi, 
et en échange je donnerais mon histoire.



Et lors de chaque nouvelle rencontre c'est cette traduction-interprétation que je cherche quand on n'a "rien préparé en amont". D'une manière idéale j'aspire à traduire ce que vous allez me faire découvrir en m'apportant votre référence musicale / littéraire / cinématographique...ou juste en me laissant écouter un fragment de votre histoire. Le premier exemple qui me vient en tête est encore le rawtaumatique de 2016...une session qui m'a marquée. Les faits c'est bien c'est concret, mais les sensations potentiellement associées représentent la variable qui nous permet de nous renouveler et d'aller plus loin.


Merci d'avoir lu et merci de partager tes sensations.

vendredi 22 février 2019

Un tout petit tatouage qui en dit long

Mardi matin dernier je reçois un coup de téléphone un peu surprenant, une dame me demande si je tatoue à l’intérieur des mains alors que je suis justement entrain de finir mon article sur ce sujet en ventant l'intensité d'un tel placement. Là où je trouve ça curieux c'est que je ne parle pas à la personne concernée. Effectivement Béatrice a perdu son mari il y a 3 semaines et au milieu des démarches administratives qu'implique cette perte elle note des références dans sa main. Magie, quelques heures plus tard, le mouvement, les plis de la main ainsi que l'humidité laissent apparaître une marque bien plus glamour  que la référence d'origine. L'idée de garder cette marque semble émerger aussi subitement...ça sera son premier tatouage!

Après un premier essai en salon, le tatoueur qu'elle consulte ne veut pas tatouer l’intérieur de la main ... c'est là que ses copines prennent le relais "on va trouver quelqu'un qui veut et qui sait le faire et pas besoin de raconter ton histoire à chaque fois". On en est là et 24h plus tard je bats le fer tant qu'il est chaud pour ne pas modifier les sensations. Mais l'idée de rajouter des choses a déjà fait son apparition...je prends ma respiration et je mets en avant la force de l'image apparue dans sa simplicité, une image immanente d'amour. Le cœur apparu étant d'une petite taille il est facile de comprendre que tout élément supplémentaire viendrait nuire à la lisibilité du motif, du moins à sa valeur hiérarchique graphique.


tatouage dans la main, tatouage petit cœur, tatouage mariage, tatouage poésie


Pragmatiquement parlant on a beau mettre des choses dans les dessins que l'on porte, il y a tout de même des "valeurs" de lisibilité, de taille, de contraste à prendre en compte pour qu'un artifice ne vienne pas casser la puissance naturelle du message de base ... et dans ce cas-là ce tout petit cœur c'est un diamant brut qu'il ne faut pas toucher. Le dessin du cœur n'est pas parfait mais on ne l'a pas modifié, il était déjà très lisible!



En fin de séance j'ai demandé à Béatrice si je pouvais partager cette histoire...elle m'a dit oui avec fierté pour lui. Encore une preuve qu'il n'y a rien de plus beau que la sérendipité (mon mot préféré).


jeudi 21 février 2019

Tatouage et peinture Hors Cadre avec Sebastien Layral


tatouage peinture sebastien layral olivier poinsignon

2017 et peut-être même avant, Sebastien Layral entreprend une série de toiles où il questionne l'identité du modèle en tant que sujet. Simplement il peint la moitié du visage de ses modèles en leur demandant de finir eux-même leur portrait comme ils l'entendent.

Un des modèles: Céline est du genre altruiste et elle n'a jamais osé se faire tatouer avant. De son point de vue c'est un acte personnel facultatif qui engage argent et attention autour d'une seule personne...alors qu'il y a d'autres priorités. Par exemple Céline est impliquée dans le milieu associatif et porte un regard sur l'association Fazasoma  à Madagascar, là où le tatouage semble être une vraie lubie.

Peinte par Sebastien Layral, Céline m'a demandé d'intervenir sur la toile en son nom, je lui ai donc proposé d'intervenir sur son corps avec la toile et maintenant je ne sais plus qui marque quoi dans cette histoire!

tatouage texture fine toile de lin



J'ai rencontré Sebastien en 2017 et nous avons travaillé ensemble en mai 2017 pour une expérience originale rappelant gentiment la performance de Marina Abramovic en 1974Sébastien Layral travaille la peinture en séries participatives portant chacune un thème de recherche sur une valeur humaine. L'intervention de son audience est un objectif principal de l'artiste. Sebastien avait poussé à l'action en faisant don de son bras à 12 inconnus pour qu'ils lui tatouent ce qu'ils voulaient. Moi j'étais là pour outiller et m'assurer de la sécurité sanitaire de l'action. Un morceau de live traîne sur la page facebook de Sebastien Layral ... mais bon courage pour retrouver ça!

Travailler avec Céline sur ce projet était donc pour moi l'occasion indirectement de travailler à nouveau avec Sebastien Layral.




mardi 19 février 2019

Tatouage câlin avec Claire Sinturel






Les "Tatouages Câlins" c'était samedi dernier à quelques jours de la Saint-Valentin.  Voilà donc quelques mots frais accompagnés des magnifiques images de Jeremie Fulleringer. Il y a un mois tout juste une vidéo faisait désenchanter quelques personnes au sujet du tattoo-concept "Horreur et Soumission". Mais Claire Sinturel et moi avions prévu de contrebalancer cette action avec la soirée "Tatouage Câlin" exposée à la fin de cette même vidéo. Et pour commencer cette soirée nous avions établi une règle:  porter un masque "vénitien"...

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C'est quoi le but d'un tatouage câlin?

La réponse se pose plus loin que dans le simple contact du câlin, l'exploration graphique liée au tatouage se fait dans l'interaction avec les personnes tatouées. Il faut chercher à explorer le tatouage dans ses spécificités en tant que pratique unique. Se dédouaner d'une réflexion figurative pour capter un instant fugace. Donner la chance au corps de vivre et véhiculer un lâcher-prise bienveillant pouvant contraster des sessions de tatouage plus classiques pour les habitués.

Piqué par la plus petite aiguille existante pour laisser quelques marques d'affection, j'ai senti des mains se serrer pour me dire "tu peux y aller" alors que je savais que ça pouvait faire mal. Je ne le cache pas, le premier câlin tatouage était presque mécanique de mon côté car je ne perds pas de vue l'aspect sanitaire de ces actions. J'essaye de véhiculer un lâcher prise pour être le meilleur "donneur" possible dans ces actions mais je ne perds pas à l'esprit que le plus grand des tatoueurs devient minable le jour où il néglige l'hygiène de sa prestation. Cette considération a amplifié les sensations de responsabilité, confiance et attente de bienveillance. Heureusement Claire était transportée dès la première interaction et je lui ai justement demandé, pour finir la session de câliner "en double" (à ma place) car j'ai aimé la voire faire. C'est quoi le but donc ? Explorer une sensation et la voire définitivement apparaître sur la peau!

tatouage calin olivier poinsignon claire sinturel free hugs tattoos



Ça fait quoi de se faire tatouer dans ces conditions?

Pour que vous puissiez vous faire une idée, à chaud j'ai récupéré les mots de Stéphanie et de Flavia.

Stéphanie: "C'est vrai que les 2 autres tattoos que j'ai, je les avais réfléchis très longtemps à l'avance.
Au début j'avais un peu peur, j'hésitais à me lancer et vous avez su tous les 2 me mettre en confiance et à m'aider à tenter l'expérience, qui me paraissait un peu "folle" et je ne le regrette vraiment pas. Pour moi ça a été un vrai moment de tendresse, j'ai ressenti un magnifique échange, tout en douceur. J'avais un peu peur de la douleur, mais une fois blottie dans vos bras je n'en ai pas ressenti, j'étais concentrée sur notre échange de câlin. C'est une expérience que je renouvellerai bien volontiers, autant pour le rendu sur la peau que pour le ressenti, et le joli souvenir que je vais en garder. Et j'espère que ton ressenti a été aussi intense et doux que pour moi . J'ai déjà quelques idées pour continuer avec toi et d'autres avec Claire, vous m'avez donné envie d'en faire un peu plus 😊"

Flavia: "Ce week-end j’ai eu l’occasion de participer à la performance “free Hug Tattoo” orchestrée par Olivier Poinsignon et Claire Sinturel. J’ai eu l’occasion d’ouvrir la séance et de la clôturer. Au total une dizaine de personne a participé et chaque câlin, chaque tatouage était propre à l’intensité des rapports entre le tatoueur et le tatoué.
Évident direz-vous mais non, pas tant que cela car la dimension “câlin” implique plus d’émotions et d’immersion dans l'intimité de l’autre. Se toucher pleinement et consciemment pour un acte qui sort de l’activité du tatouage en général. Personnellement, ma vision du tatouage englobe par force la notion de don de soi au tatoueur, lui accorder une confiance aveugle car on croit en son trait, à sa créativité, son écoute de l’intention. Les free hug tattoo on permis d’aller plus loin à mon sens dans la direction du don de soi en liant littéralement les deux ou trois protagonistes par une action tendre et très intime / personnelle. Durant la séance qui dure quelques secondes, on se trouve partagé entre la douceur de la caresse et la douleur de l’acte de tatouer ; mais la sensation de l’étreinte prend très vite le dessus et au final ce qui “marque” le plus l’esprit est plutôt l’intensité du câlin plus que le tatouage en lui même. C’est petits gribouillis, je les regarderai chaque fois avec une tendresse folle, me remémorant les caresses qui ont donné naissances à ces traits hasardeux. Ils prennent place, par ci, par là et on s’en fou de l’emplacement au final, pas de calcul par rapport à l’emplacement d’un projet futur, je fonce, j’offre moi et ces parties de corps à la création spontanée car c’est elle la plus belle à mes yeux. Le lâcher-prise est le moteur de tous les tatouages que je porte, c’était même ce mot précis que j’ai évoqué pour mon tout premier tatouage du genre : arrêter de tout maîtriser, se laisser aller et faire confiance à l’autre pour qu’il y laisse judicieusement sa trace. Au final, le motif m’a toujours importé. pourvu que l’expérience avec le tatoueur soit mémorable et qu’elle résulte d’une belle relation humaine."


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Et de tatouer dans ces conditions?

C'est excitant, stimulant et encourageant. Un certain François appelle ça des moments de réalité et de vie augmentée. Je vois ça comme quand je faisais beaucoup de BMX, pour ceux qui pratiquent le sport avec intensité il y a un moment où votre corps et votre esprit ne font qu'un. Tout ne devient que sensation et reflex. Il n'y a pas de passé et pas de futur, le temps change et la réalité semble plus concrète qu'elle ne l'est. Au moment où je plante mon aiguille, j'entends tout, je sens la personne qui m'agrippe et la lumière me plonge dans un bain au cactus salé. Là ma main gauche devient mon seul garde-fou ... et chaque geste de machine pour recharger en encre me fait reconsidérer la situation (bonne ou mauvaise chose?).

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Qu'elle image je voudrais partager le plus?

Claire dans les bras de Baris, Claire a tatoué la nuque de Baris et sa petite taille a été compensée par le câlin de Baris qui l'a donc portée à la bonne hauteur, c'était un des moments les plus mignons de la soirée avec la ronde des yeux fermées!  Bien-sur il y a eu un calme religieux pendant la majorité des sessions (10 sessions) mais je n'oublierais jamais le fou rire quand j'étais installé sur les jambes de Marc (qui fait mon gabarit). La gravité de son regard conjuguée à la situation et les bruits périphériques de la maison m'ont poussés dans un fou rire qui rend cet instant tout aussi mémorable.
images par Karine Desbordes:






Cette soirée a été rendu possible grâce à la gentillesse de Guy ainsi que la précieuse aide de Marina depuis déjà 3 soirées. Merci également à Brieuc pour son installation sonore qui me questionne encore. Viens s'ajouter Baris qui a fait le chemin depuis Londres pour nous aider deux jours complets ... car il nous a fallu du temps pour préparer les lieux! Merci à Tartine pour les vidéos ainsi que Jeremie et La Fille d'à Côté pour les photos. 
Et enfin merci à tous les participants sans qui on aurait pas eu le courage de mettre ça en place.




Merci et à la prochaine soirée en 2020?